Cette histoire commence avec Substack. Elle se termine par une réflexion sur la manière dont nous prenons nos décisions. Où est le rapport ? Je vous explique.
Pendant plusieurs mois, j’ai été convaincue d’avoir trouvé la bonne solution à l’envoi de ma newsletter [Pause Café]. Celle là même que vous lisez.
Une solution logique. Efficace. Presque évidente : Substack.
Je m’y suis lancée il y a six mois avec enthousiasme. J’avais envie de tester la plateforme depuis longtemps. Elle cochait beaucoup de cases : simplicité de publication, gestion des abonnements intégrée, facilité de partage, potentiel de visibilité.
Et puis, j’y étais déjà présente comme lectrice. J’aimais l’expérience et j’avais confiance dans l’outil.
Sur le papier, tout semblait cohérent. Je m’y suis lancé en grande pompe en janvier.
Mais 6 mois plus tard, retour à la case départ : je décide de quitter Substack.
Ce qui paraît logique n’est pas toujours aligné
Au départ, mon raisonnement était simple : je souhaitais développer la visibilité de ma newsletter.
Substack me donnait l’impression d’être un raccourci vers cet objectif. Etant moi-même consommatrice de ce réseau, j’ai foncé.
Mais au fil des mois, quelque chose a commencé à grincer.

La visibilité espérée n’était pas vraiment au rendez-vous.
J’ai compris que pour obtenir des résultats, il fallait animer la plateforme comme un véritable réseau social : interagir, commenter, créer des connexions et entretenir une présence régulière.
Exactement ce que je cherchais à éviter.
En parallèle, la gestion de mes abonnés devenait plus complexe. Ma base principale était déjà sur Kit. Ajouter un nouvel environnement signifiait multiplier les outils, les processus et les points de vigilance.
Puis une discussion avec un client est venue ajouter une autre couche de réflexion.
Nous avons évoqué les questions de modération et les zones grises de certaines plateformes concernant la diffusion de contenus problématiques. Cette conversation a installé un doute que je ne pouvais plus ignorer.
À ce moment-là, une question s’est imposée :
Est-ce que je garde Substack ou est-ce que je l’abandonne ?
Les meilleures réponses sont souvent déjà dans votre marque
Lorsque je dois prendre une décision stratégique, j’essaie toujours de revenir à mes fondamentaux.
J’ai donc ressorti mes piliers de marque.
Le premier est simple : Less is more.
Faire mieux avec moins. Créer davantage d’impact sans multiplier les couches de complexité.
Or, en ajoutant un nouveau canal de communication, je faisais exactement l’inverse. Je complexifiais mon organisation, mon suivi et mon temps de production.
Puis je me suis tournée ensuite vers mes valeurs : la liberté et la diversité.
Et là encore, quelque chose ne s’alignait plus totalement. Je ne pouvais pas ignorer les interrogations éthiques que cette plateforme faisait émerger chez moi.
À ce stade, la décision devenait presque évidente.
Mais le plus intéressant n’était pas là.
Le plus intéressant était de comprendre pourquoi j’avais voulu aller sur Substack au départ.
La vraie question était ailleurs depuis le début
J’aime souvent utiliser cette image avec mes clients : Retourner la boule à facettes.
Observer le problème sous tous les angles jusqu’à voir ce qui se cache derrière les reflets les plus évidents.

En tirant le fil, j’ai réalisé que mon sujet n’avait jamais été Substack.
Mon problème, c’était l’accumulation !
Voilà onze ans, je produis du contenu, presque quotidiennement.
Des newsletters, des articles, des lead magnets, des pages de vente, des séquences email…
Comme beaucoup d’entrepreneurs, j’avais continué à créer sans vraiment prendre le temps de revenir sur ce qui existait déjà.
D’analyser. De trier. De restructurer.
Par manque de temps. Par flemme. Peut-être même par nostalgie aussi. Le fameux « on ne sait jamais, ça peut resservir ».
Substack était devenu une réponse à un problème qui n’était pas le bon.
Je ne manquais pas d’un nouvel outil. Je manquais de recul pour prendre les bonnes décisions et avancer.
Remettre de la clarté et de la direction
Alors au lieu de changer d’écosystème, j’ai décidé d’explorer celui que j’avais déjà construit.
J’ai commencé par un audit complet de mes contenus, de mon site et de ma plateforme d’emailing, Kit.
Et là, j’ai découvert une accumulation silencieuse : des freebies oubliés, des séquences obsolètes, des promotions d’offres disparues et des automatisations héritées d’anciennes versions de mon activité.
Bref, c’était le bordel !!
Tout un système qui racontait une entreprise que je n’étais plus.
J’ai fait un grand ménage de printemps :
- J’ai simplifié.
- J’ai reconstruit une seule séquence automatisée à partir d’un contenu central : la newsletter.
- J’ai revalorisé ma base de donnée.
Résultat : un fonctionnement plus cohérent, plus léger et davantage aligné avec la manière dont je travaille aujourd’hui.
Puis ce travail m’a naturellement conduite vers mon site internet.
J’ai réécrit ma page d’accueil, retravaillé ma page À propos et la page Offre qui est enfin en ligne.
Ce que je remettais à plus tard depuis un an a finalement été traité en trois jours.
Et surtout, j’ai redécouvert quelque chose que j’avais sous les yeux depuis longtemps : mon blog.
Une véritable mine d’or endormie.
J’ai donc choisi d’y héberger désormais les contenus de cette newsletter.
Les lecteurs peuvent découvrir les réflexions avant de s’inscrire. Le contenu travaille le référencement naturel. Le site gagne en profondeur. Et l’ensemble reste cohérent avec mon écosystème.
Bam !
Conclusion : une marque est aussi une boussole
On réduit souvent la marque à ce qui se voit : un logo, un site, une identité visuelle, un discours.
Pourtant, sa fonction la plus précieuse est peut-être ailleurs.
Une identité de marque claire aide à prendre des décisions.
Lorsque les opportunités se multiplient ou qu’une nouvelle solution semble séduisante, elle permet de vérifier une chose essentielle :
Cette direction est-elle réellement cohérente avec ce que nous sommes en train de construire ?
Dans mon cas, ma marque ne m’a pas seulement aidée à décider de quitter Substack.
Elle m’a aidée à comprendre que je n’avais pas besoin d’un nouvel outil.
J’avais besoin de prendre du recul sur onze années de contenu.
Parce qu’une décision alignée avec l’ADN de votre marque produit souvent des effets durables.
À l’inverse, une décision séduisante mais désalignée risque de vous éloigner progressivement de votre cap.
Et parfois, la meilleure décision n’est pas d’ajouter quelque chose.
C’est de revenir à l’essentiel.
Pour aller plus loin
Je suis curieuse.
Avez-vous déjà pris une décision qui semblait être la bonne avant de réaliser que le vrai problème était ailleurs ? Dites -le moi en commentaires ci-dessous.
Et si cette réflexion vous a parlé, sachez que j’en partage une nouvelle chaque mois dans Pause Café. Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains articles directement dans votre boîte mail.
À très vite,
Mélanie Özgenler
Fondatrice de La Klaque





